cloporte

Connaissances de base sur les cloportes

Nous connaissons les cloportes comme des animaux gris-brun mesurant environ 2 cm. Ils appartiennent à la classe des crustacés et sont les seuls représentants de ce groupe à être passés, au cours de l’histoire de la Terre, d’une vie aquatique à une vie terrestre.

Les cloportes possèdent sept paires de pattes identiques ; c’est pourquoi on les appelle également isopodes :

Cet ordre comprend des espèces qui vivent exclusivement dans l’eau. Les cloportes, en revanche, se sont parfaitement adaptés à la vie terrestre. Ces animaux, que l’on appelle « cloportes terrestres », ont toutefois généralement besoin d’une humidité de l’air relativement élevée.

Les plus proches parents des cloportes sont d’autres crustacés tels que les crevettes, les crabes et les homards. La caractéristique physique distinctive de ces crustacés est leur exosquelette en forme de carapace.

La classe des insectes, qui leur est étroitement apparentée, possède elle aussi un tel squelette externe, appelé « exosquelette », qui est toutefois clairement divisé en trois parties.

Les cloportes se caractérisent par leur exosquelette en forme de carapace, doté de plaques dorsales relativement larges en forme de ceinture. Celui-ci est constitué de chitine enrichie d’inclusions calcaires, ce qui lui confère une robustesse exceptionnelle. Le corps, généralement aplati, est composé de plusieurs segments et peut être divisé en trois parties, qui ne sont toutefois pas clairement distinctes les unes des autres.

Le dernier segment, appelé « plaque caudale », se termine en pointe et ne possède pas de paire de membres. Il porte toutefois, sur les côtés, comme on peut très bien le voir sur l’illustration, une paire de membres appelés « uropodes ». Chez les cloportes, ceux-ci servent d’éventail caudal et de gouvernail, tandis que chez nos espèces terrestres, ils font office d’organe tactile.

La plupart des cloportes terrestres sont diploïques. Chez les deux sexes, les organes génitaux débouchent sur la face ventrale. Après l’accouplement, les femelles muent et développent, comme on peut très bien le voir sur l’illustration, un marsupium entre la première et la cinquième paire de pattes, dans lequel les œufs sont pondus et où ils restent particulièrement protégés jusqu’à l’éclosion.

Une fois sortis de la poche de couvaison, les jeunes sont nettement plus petits et de couleur plus claire que les adultes. Leur carapace est molle, ce qui les rend particulièrement sensibles à la sécheresse et à l’humidité à ce stade. Après une double mue, qui se déroule également en deux phases chez les jeunes cloportes, ils acquièrent l’apparence des adultes.

Les cloportes ne sont pas vraiment des gourmets. Elles se nourrissent de restes qui doivent être décomposés en humus. Comme leur nourriture n’est que partiellement digérée dans leur intestin, les cloportes se nourrissent à plusieurs reprises de leurs propres excréments, riches en cellulose et en lignine, afin de continuer à exploiter les nutriments qu’ils contiennent. Cela ne semble peut-être pas très appétissant, mais c’est extrêmement efficace !

Avec leur nourriture, elles ingèrent notamment des particules minérales du sol, qui sont mélangées à des substances organiques dans l’intestin, puis excrétées sous forme de complexes argilo-humiques. Les cloportes contribuent ainsi de manière significative à l’amélioration de la qualité du sol.

Bien que les cloportes possèdent des pièces buccales robustes leur permettant de broyer de la matière végétale fraîche et du bois, ils préfèrent la matière morte, humide et déjà légèrement décomposée par des micro-organismes. Elles apprécient particulièrement le bois mort et les feuilles mortes, mais se nourrissent également avec appétit des lichens qui poussent sur l’écorce. La plupart des cloportes terrestres occupent la surface du sol et vivent dans la couche de litière. Seules quelques espèces très petites peuvent coloniser le sol minéral et possèdent une capacité marquée à creuser. Par ailleurs, la teneur en calcaire du sol joue un rôle dans la répartition des cloportes. Comme ceux-ci ont besoin de calcaire pour la consolidation de leur exosquelette, les sols acides dépourvus de calcaire d’échange sont rarement colonisés par les cloportes.

Comme tous les crustacés, les cloportes respirent par des branchies. Sous leurs plaques squelettiques, ils renferment une réserve de liquide qui leur permet de respirer, à l’instar des organismes aquatiques dotés d’organes semblables à des branchies. Ces organes sont situés au niveau des pattes abdominales ventrales. Les cloportes terrestres ont donc besoin d’une humidité suffisante.

Chez les espèces de cloportes terrestres qui colonisent également des milieux plus secs, un système spécifique de canalisation de l’eau s’est développé, qui achemine vers les branchies chaque goutte d’eau atteignant la surface du corps. L’eau est ainsi aspirée par capillarité à travers les sillons situés entre les segments du corps, sur le dos, puis acheminée vers la face ventrale. À cet endroit, l’eau est acheminée vers les branchies situées au niveau des pattes abdominales par des canaux ventraux qui s’étendent entre les articulations des pattes.

À mesure que le taux d’humidité de l’air diminue, la respiration branchiale ne suffit plus. C’est ainsi que se sont développés, sur la face interne des pattes abdominales, grâce à des sillons et à un amincissement important de la peau, ce que l’on appelle des « poumons de secours », qui permettent aux cloportes terrestres d’absorber également l’oxygène présent dans l’air. Pour respirer l’air, ils courbent leur abdomen vers le haut, de sorte que l’air puisse atteindre sans entrave les pattes abdominales. L’air « vicié » est expulsé par la courbure de l’abdomen vers le bas.