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Enfin dimanche, enfin le jour de la Bourse. Je suis plutôt du genre impatient. Le genre de personne qui, ces jours-là, règle son réveil intérieur sur 6 heures et qui a quand même peur de ne pas arriver à temps à destination.
Contre toute attente, le long trajet d’environ 50 minutes s’est déroulé exactement comme mon application me l’avait prédit. Je me suis donc retrouvé à Marbach à 10 heures et je me suis frotté les yeux, étonné, en voyant cette foule de tarentules noires à poils longs, sagement alignées les unes derrière les autres. L’affluence aux bourses semble donc toujours aussi forte. Après une demi-heure d’attente, j’ai enfin pu payer mes 6 euros d’entrée et plonger dans l’univers des mygales.

Par mesure de précaution, j’avais accroché mon appareil photo autour du cou et j’étais pour ainsi dire « prêt ». L’avantage d’un tel appareil, c’est qu’on vous prend pour un touriste et je pense qu’ils ont immédiatement abandonné tout espoir de me vendre quoi que ce soit dès qu’ils m’ont vu.
Pourquoi n’ai-je pas rapporté de photos de mygales ? D’une part, cela tient au fait que, à ma grande surprise, j’ai assouvi ma passion pour les mygales et que celle-ci n’est pas revenue après environ 15 ans d’abstinence. D’autre part, j’avais l’impression que tout ce que l’on avait vu sur deux tables se répétait chez les autres exposants, dans un ordre et une disposition différents. Trois allées plus loin, ma capacité d’attention était au plus bas. Je me suis dit : « Frank, tu es ici à un salon dédié aux mygales, à quoi t’attends-tu au juste ? »
Jusqu’à présent, j’avais repéré deux pièces maîtresses : une Heteropteryx dilatata ( nymphe de la jungle) enfermée dans une boîte si exiguë que je n’ai pas souhaité l’immortaliser avec mon appareil photo. La même situation s’est reproduite avec l’Extatosoma tiaratum (sauterelle fantôme australienne). J’ai dû me retenir pour ne pas faire un achat de secours, mais je ne voulais pas non plus les récompenser pour leur méfait. Déjà un peu déçu, j’ai jeté un œil vers la scène et je me suis dit : « Allez, je vais y faire un petit tour, puis j’irai acheter quelques accessoires pour que cette visite en vaille au moins un peu la peine. »
Et elle était là, ma récompense personnelle. Un vendeur de mantes religieuses qui, dès le premier coup d’œil, semblait s’y connaître en la matière.
Je n’ai malheureusement pas pu utiliser mon bon d’achat, car il ne restait plus que des Hymenopus coronatus femelles et je ne voulais pas me compliquer la vie en cherchant un mâle. De plus, je n’ai trouvé aucun vendeur sur toute la bourse proposant des tapis chauffants ou d’autres systèmes d’éclairage. Comme je n’avais plus rien en réserve chez moi non plus, je n’ai fait aucun compromis et j’ai laissé la mante orchidée là où elle semblait visiblement bien se porter.
Je me suis donc rendu chez un vendeur de boîtes en plastique et d’insectes vivants, dont le stand se trouvait juste à l’entrée. Cinq boîtes Braplast pour 7 euros et une grosse boule de sphaigne compressée à 7,50 euros constituaient pour moi, jusqu’alors, la meilleure affaire de la journée, jusqu’à ce que je découvre les cloportes cubains. Les voilà, tout à fait discrètes, entre les cloportes blancs et les pucerons du pois. Je n’en avais encore jamais vu auparavant. On trouve plus souvent des cloportes blancs, mais je n’avais encore jamais vu de cloportes cubains. C’est tout content que je suis rentré chez moi, sans doute avec les spécimens les plus rares et les plus exotiques de tout le salon des mygales, et avec une nouvelle mission en tête : aller chercher des feuilles de chêne et du bois pourri dans la forêt.









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